DANTE : la tête, les jambes… et le cœur !
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- 9 mars
- 11 min de lecture

Le capitaine de l’OGC Nice est l’une des plus belles cartes de son club sur le terrain. Mais, loin des pelouses, il est aussi l’atout cœur d’un Gym à la pointe des actions sociétales en faveur des plus démunis.
Par SÉBASTIEN NOIR
Photos OGC NICE
Dante a vécu des débuts difficiles. Des moments qu’il garde en mémoire pour transmettre son envie, son expérience aux jeunes générations. A Salvador, où il a vu le jour, le Brésilien a évolué dans un environnement aimant, certes, mais modeste. « J'ai grandi dans un quartier très pauvre. Mon enfance a été difficile, comme pour la plupart des enfants de cette région. Nous ne pouvions pas nous permettre beaucoup de choses que nous voulions, mais toute la famille s'est mobilisée et a travaillé dur pour s'entraider », a coutume de dire Dante. Il est cependant parvenu à trouver une source de stabilité et de motivation auprès des siens. « La famille est tout pour moi », clame-t-il haut et fort. Et, loin de ses racines brésiliennes, Dante a trouvé une autre famille. L’OGC Nice. Et, à l’image du club niçois, le capitaine maintient le cap sur le terrain. Et la barre du navire rouge et noir quand il navigue sur les flots de la générosité. Quand il se dirige vers les actions caritatives mises en place tout au long de l’année. Avec lui, avec tout l’équipage du Gym, les couleurs de la générosité flottent tout en haut de la Ligue 1.
Un grand défenseur
de l’enfance
Une petite tête blonde émerge du couloir des vestiaires de l’Allianz Riviera. Un petit coup de coude à l’un de ses coéquipiers, avant de lui glisser, sur le ton de la confidence : « Tu as vu, c’est Dante ». Le petit bonhomme ne veut pas que cet instant suspendu s’arrête. Et encore moins le partager. Kévin est aux anges.
Son regard est empli d’admiration même si ses jambes tremblotent devant ce géant de la Ligue 1 et du football international. « C’est trop top de le voir, là, devant nous ».
Le capitaine de l’OGC Nice, lui, sourit. Une tape dans la main de Kévin, qui vit un véritable rêve. Comme les quelque 216 enfants représentant les 18 clubs de la Ligue 1 qui auront l’immense joie de le voir à l’occasion du Tournoi des Défenseurs de l’Enfance, mis sur pied par Mohamed Bouafsi, journaliste et ambassadeur de la CNAPE (Convention Nationale des Associations de Protection de l’Enfant). Et qui mieux que lui, un immense défenseur de notre championnat mais aussi un grand avocat des belles causes pouvait parrainer cet événement ?
Alors, le capitaine, comme sur un terrain, a voulu que tout soit parfait. Dante avait tout préparé. Il avait gonflé les ballons rouge et noir avant de les fixer devant le stade de l’Allianz Riviera, rempli les bonbonnières jusqu’à plus soif, aligné les crayons et les blocs de papier pour que les enfants puissent croquer leurs rêves et colorier les dessins à son effigie, préparé les maillots dans les vestiaires. Son sourire satisfait pouvait enfin barrer son visage, tout était en place.
Le plus Nissart des Brésiliens (lire par ailleurs) avait tout prévu. Sauf, peut-être, l’émotion qui l’a saisi lorsque le tifo à sa gloire, préparé par ces gamins au grand cœur, s’est élevé dans l’Allianz. « C’est un honneur pour moi d’être là. D’être le parrain de ce grand événement, organisé par la Ville de Nice et le club. De cette belle cause. Ça me fait chaud au cœur. Pour ces enfants, c’est une chance incroyable mais en tout cas ils méritent de vivre ce moment spécial ».
C’était un nuage de bonheur

de rejoindre Kévin et tous les autres
De prendre une photo avec eux. Mieux, d’offrir un autographe à ces enfants qui n’attendaient que ça. Certains, qui auront demandé au capitaine du Gym de signer sur leur bras, avoueront même : « Je ne vais plus prendre de douche pour garder sa signature le plus longtemps possible ».
Mais avant la douche, il fallait fouler la pelouse, participer à ce tournoi pas comme les autres. Avec des joies et, parfois, des déceptions. Mais l’essentiel n’est pas là. Comme leur a expliqué Dante : « L’important dans le football n’est pas de savoir qui gagne. Qui perd. C’est de prendre du plaisir ! »
Pour appuyer ses propos, c’est le capitaine en personne qui a remis les médailles à chacun des participants. Car ce sont bien les enfants, tous les enfants, qui ont gagné.
« C’était un nuage de bonheur », a conclu l’un d’entre eux. Aujourd’hui, Dante a été leur rayon de soleil…
Le Point Rose, « en pensant à eux… »
Ils s’appelaient Aëlie, Appoline, Théo, Léa, Lyes, Margaux… et tant d’autres. Trop nombreux.

Ils s’appelaient Appoline, Théo, Léa, Lyes, Margaux… et tant d’autres. Trop nombreux. Petites princesses et petits princes trop tôt disparus et auxquels l’OGC Nice rend hommage lors de chaque rendez-vous européen. « En pensant à… » s’affiche alors sur les écrans de l’Allianz Riviera. Leurs prénoms et leurs bouilles transpercent le cœur de chaque spectateur. L’émotion s’empare alors de tout un stade. De toute une équipe. De tout un club…
Depuis 2016, en effet, le Gym soutient l’association caritative Le Point Rose, dont le but est de se battre pour offrir les meilleures conditions possibles aux enfants malades jusqu’à leur dernier souffle et soutenir les familles touchées par la perte d’un enfant pour qu’elles puissent continuer à vivre après ce drame et trouver la voie de la résilience.
« Nous sommes si fiers que l’OGC Nice soutienne notre association en arborant notre point rose sur ses maillots, en dédiant ses matchs européens à nos enfants et en mettant en lumière les actions du Point Rose… C’est un immense réconfort un véritable privilège et un immense honneur que de voir nos enfants mis dans la lumière et leurs familles considérées avec toutes les attentions du cœur qui peuvent les aider à leur survivre. Merci de tant de générosité envers nos familles… », peut-on ainsi lire sur le site de l’association (lepointrose.org).
En 2024, Jean-Clair Todibo transféré en Angleterre, c’est Dante qui a repris tout naturellement le brassard de parrain du Point Rose. Et chaque fois, avant chaque rencontre européenne, les sentiments sont mêlés de tristesse mais aussi d’un espoir pour ces familles. Avant le coup d’envoi, Dante offre ainsi aux familles un maillot floqué du nom de cet ange trop tôt parti au ciel, tenue qui porte également le nom et le logo du Point Rose. « Je suis très fier d’être le parrain de l’association. En tant que footballeurs, nous devons montrer l’exemple. C’est une cause délicate, qui nous tient à cœur. J’espère pouvoir rencontrer le maximum de familles pour les soutenir », explique un Dante très ému. Aux côtés de la légende du Gym, dans le cœur de tous, chacun de ces enfants fait désormais partie de l’histoire du club. Qu’ils s’appellent Aëlie, Appoline, Théo, Léa, Lyes, Margaux… on pensera toujours à eux !
Ambassadeur SOS Villages d’Enfants
On connaît l’attachement de Dante pour la famille. Il a donc tout
naturellement été choisi par SOS Villages d’Enfants pour en devenir l’un de ses ambassadeurs.

Cette association caritative a pour but de « donner une famille aux enfants qui n’en ont pas. Ou plus ».
Dante, par son action, s'est engagé à aider ces enfants, à leur apporter son soutien et à réaliser leurs propres rêves. « J'ai réussi et je veux aider d'autres enfants à faire de même. C'est pourquoi je suis heureux et fier d'être ambassadeur SOS ».
Alors, forcément, lorsqu’il a entendu parler de l’histoire de Mavis Chirandu, le capitaine du Gym ne pouvait qu’être sensibilisé.
Cette jeune femme née à Bindura, au Zimbabwe, a été recueillie tout bébé sur le bord de la route.
Accueillie au village d’enfants SOS de la ville, elle a démontré un amour inconsidéré pour le football mais aussi des qualités incroyables aux côtés de ses « frères et sœurs de SOS Village ».
A tel point que, dès 15 ans, elle est remarquée par les recruteurs et, deux ans plus tard, devient une étoile montante de l’équipe nationale dans cette catégorie d’âge.
Travailleuse acharnée, à l’écoute de tous les conseils, Mavis Chirandu, qui évolue au poste de milieu de terrain, a acocompli de tels progrès qu’elle est sélectionnée pour les JO de 2016 au Brésil.
Avant le départ pour Rio, Dante avait alors tenu à lui apporter son soutien en lui laissant un message d’encouragements. Et peu importe si le Zimbabwe et Mavis n’ont pu passer l’étape des qualifications, la footballeuse est désormais un véritable modèle pour toutes les jeunes filles, mais aussi les garçons, de SOS Villages d’Enfants.
Le plus Niçois des Brésiliens

Dante peut faire un pas de deux de Samba. Mais il est aussi capable de danser avec les membres de la Ciamada Nissarda. Et, avouons-le, quoi de plus beau de l’entendre entonner « la pissaladièra, le pan bagnat et la socca » avec son accent du Salvador, là où il a vu le jour le 18 octobre 1983 ? Car, si « la pissaladièra, c'est le régal de l'estomac Niçois », et donc du plus Niçois des Brésiliens, l’écouter parler fait le bonheur de nos oreilles.
Dante est aux anges à Nice.
Et ça se voit… Débarqué dans le froid lillois, il avouait même, tout sourire, que c’était bien à Nice « que je devais jouer non ? »
Sur la Promenade des Anglais, en effet, le capitaine a trouvé un petit coin de chez lui, « avec le soleil et les palmiers. Bon, il me manque peut-être un petit peu de sable sur la plage », avoue-t-il avec un sourire malicieux. Mais Dante n’est pas seul sur les galets. Il aime Nice. Mais aussi les Niçois avec lesquels il apprécie d’échanger. Pas étonnant alors de le voir parfois déambuler dans les rues du Vieux-Nice, parler avec les supporters. Chanter avec eux un Nissa la Bella du plus bel effet. « Il y a une vraie identité ici », conclut-il avec un « Issa Nissa » presque sans accent.
Allez, peut-être un dernier regret, on ne pourra pas lui donner une rue à son nom. « Elle existe déjà », glisse-t-il dans un éclat de rire.
Un modèle de résilience

Si Dante a du cœur pour donner de son temps aux belles causes, il en a montré également au cours de sa carrière.
Et il en fallait énormément pour surmonter les épreuves et obstacles qui se sont dressés face à lui.
Touché, jamais coulé, le Brésilien a toujours faut preuve d’une résilience hors du commun.
Jugez plutôt…
Novembre 2020. Touché à Angers, le verdict tombe pour le capitaine : il souffre d'une rupture d'un ligament croisé du genou gauche. Une blessure très grave, et que beaucoup considèrent comme fatale pour la suite de sa carrière à 37 ans. Il retrouvera le terrain et une place de titulaire huit mois plus tard.
Touché à l’entraînement en octobre puis lors d’un choc face à Strasbourg en novembre, Dante est opéré le 3 décembre à Lyon d'une lésion du ménisque interne du genou droit. Alors que son retour est espéré fin janvier, le capitaine participe à tous les entraînements depuis la reprise du 29 décembre.
Bref, Dante est un modèle de résilience qui déjouent à chaque blessure les pronostics des mauvais augures. Mieux, à 41 ans, il est l’un des meilleurs rouge et noir lors de chaque rencontre.
A tel point que le Gym, après avoir célébré son 300e match pour les Niçois, le 13 avril, lors d’une belle victoire face à Lens (2-0) a annoncé avoir prolongé son contrat d’une saison supplémentaire. Il aura 42 ans en octobre : l’âge du capitaine a toujours été un problème pour les écoliers, pas pour le club niçois !
L’OGC Nice, le club de la générosité
« Tu as passé un bon week-end, ça t’a plu ? ». Ce petit mot, glissé par le président Jean-Pierre Rivère, aussi heureux que les enfants lors du Tournoi des Défenseurs de l’Enfance, résume presque à elle seule l’état d’esprit de tout un club.

Offrir du bonheur. Apporter un rayon de soleil là où la grisaille domine parfois. D’ailleurs, Mohamed Bouafsi, appuyait aussi : « L’OGC Nice réalise plus de 500 actions sociétales dans la ville et le département, c’est le club le plus engagé socialement ».
« On va se débrouiller pour donner le sourire à quelqu’un tous les jours, un enfant, une personne en détresse, peu importe », avait même déclaré le président Rivère à son arrivée à la tête du Gym.
Treize ans plus tard, il peut être fier de ce club et de ses actions citoyennes.
Treize ans d’actions. De belles actions. Qui, parfois, ont changé la vie de quelques âmes en détresse. Treize ans au cours desquels l’OGC Nice a été « utile chaque jour », un slogan revendiqué par la famille rouge et noir et qui l’a rendu actif grâce au Fonds de dotation mis en place.
« Grâce à ce nouvel outil, le Gym attire depuis 2018 des fonds extérieurs en associant les partenaires privés et le grand public qui partagent les valeurs du Club », peut-on lire sur le site du club. Là encore, Jean-Pierre Rivère analyse, tout sourire : « Avec leur soutien et leur confiance, l’OGC Nice dispose de moyens supplémentaires pour être encore plus utile pour toutes les personnes dans le besoin, et leur apporter des sourires, du réconfort mais aussi des solutions à leurs problèmes ». Deux axes sont ainsi privilégiés (lire par ailleurs). Premièrement l’enfance, en soutenant et en accompagnant au quotidien les enfants en difficulté et leur famille : visites dans les hôpitaux, accompagnement et coaching de jeunes handicapés mentaux et physiques, rencontres surprises avec les joueurs, soutien aux micro-associations d’aide à l’enfance… Deuxièmement, la proximité, en agissant auprès de tous ceux qui sont dans le besoin : organisation de repas avec le public niçois en situation de précarité, collectes de sandwichs, de vêtements et de jouets à l’Allianz Riviera, organisation du Forum de l’emploi, collectes de sang… Et ça fonctionne à merveille, d’autant que la plupart des programmes sont portés par des joueurs-parrains, qui portant et incarnent non seulement les valeurs footballistiques du Gym mais aussi ses valeurs humaines. « Le football a ce pouvoir unique de rassembler, d'inspirer et de transformer des vies », concluait le président Rivère. Dans ce domaine aussi, le Gym est tout en haut du classement…
Les actions citoyennes les plus marquantes


Le Calèna Tour
L’OGC Nice est une grande famille. Et tous ses membres se mobilisent lors des actions citoyennes. Et, plus particulièrement pour le Calèna Tour. Il s’agit de récolter un maximum de dons, collecte solidaire de jouets, jeux, peluches et chocolats pour embellir le Noël des personnes les plus isolées ou fragiles.
Une magnifique action qui avait également permis au Gym d’être récompensé à l’Assemblée nationale dans le cadre des Trophées Sport et Management pour cette initiative solidaire. « Je suis heureux pour mes équipes, pour l’ensemble de l’écosystème du club. Ils méritent cette récompense, ils y mettent tout leur cœur », avait lancé Jean-Pierre Rivère.
Mais la plus belle des récompenses reste, bien évidemment, le sourire sur le visage de ces personnes. « Nous avons rencontré, à Lenval, des enfants atteints de différentes pathologies, afin de leur offrir des cadeaux, des sourires, de la joie. C’est essentiel pour nous, joueurs professionnels, avec notre exposition médiatique, de nous rendre utiles », avait avoué un Jonathan Clauss très touché.
Toi + Moi = OGC Nice
Un entraînement de sport adapté mené chaque mois par les jeunes du Centre de Formation de l'OGC Nice et les parrains du programme, Cho et Boulhendi, au profit de jeunes handicapés mentaux d'un IME. Des résultats tangibles auprès des jeunes accompagnés et un programme phare de la démarche socio-éducative menée pour les pensionnaires du Centre de Formation niçois.
Enfants sans douleur
Le plus ancien des programmes du club, dont le parrain est Gaëtan Laborde. Il a pour objectifs d’aider financièrement les micro-associations locales qui agissent en faveur d'enfants hospitalisés ou souffrant de maladies handicapantes, de les soutenir moralement dans la durée et de leur offrir une exposition leur permettant de lever des fonds. 400 000€ ont été reversés depuis 2005 à ces micro-associations.
Le Gym solidaire
Repas de Noël solidaire avec les personnes les plus fragiles, actions avec les Restos du Cœur, maraudes mensuelles, collecte de denrées…
Le don du sang rouge et noir
Depuis la saison 2016-17, la collecte est organisée au cœur de la ville, place Masséna. Et les résultats battent des records à chaque édition.
Forum de l’Emploi
L'union du Club et de ses partenaires, face à la crise de l'emploi sur le territoire, l’organisent chaque année à l'Allianz Riviera. En 2023, la 7e édition a enregistré 4 500 visiteurs, 900 postes pourvus dont 300 en CDI grâce aux plus de 1000 offres d'emploi et 70 entreprises présentes. Depuis 2014, 2 500 personnes ont pu retrouver un emploi en CDI grâce au Forum de l’Emploi.